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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 09:02

L’amendement, adopté en commission des lois, sera soumis à l’Assemblée à partir du 10 juillet. D'après Simon Roger et Alexandre Lemarié pour Le Monde le 28 juin 2018. Lire aussi Alors que les contentieux sur le climat se multiplient dans le monde, la Constitution pourrait intégrer le défi climatique.

Tortue relâchée sur l’Ile-de-Ré par l’aquarium de La Rochelle,  le 8 juillet 2016. XAVIER LEOTY / AFP

Tortue relâchée sur l’Ile-de-Ré par l’aquarium de La Rochelle, le 8 juillet 2016. XAVIER LEOTY / AFP

Cet objectif semblait hors d’atteinte il y a encore quelques semaines. Les députés ont pourtant inscrit, mercredi 27 juin, la préservation de l’environnement, dont la protection de la biodiversité et l’action contre le réchauffement climatique, dans l’article premier de la Constitution. Ils ont pris cette décision lors de l’examen du projet de loi constitutionnelle en commission des lois à l’Assemblée nationale, en adoptant un amendement du rapporteur général et chef de file des élus La République en marche (LRM), Richard Ferrand.

La France « agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques ». Ainsi s’écrira l’article 1 de la Loi fondamentale si l’amendement est revoté lors de son examen dans l’Hémicycle à partir du 10 juillet, et si la révision constitutionnelle voulue par le chef de l’Etat parvient à son terme.

Cette reconnaissance de l’enjeu environnemental est une victoire politique pour Nicolas Hulot, après plusieurs arbitrages perdus. Le 20 juin, le ministre de la transition écologique et solidaire s’était félicité de la volonté de l’exécutif de faire figurer « environnement, climat et biodiversité » dans l’article premier de la Constitution, et non dans l’article 34, comme l’avait proposé le premier ministre en avril.

Seuls quelques élus LR opposés

Le député (Maine-et-Loire, LRM) Matthieu Orphelin, proche de M. Hulot, a salué mercredi soir « une véritable avancée (…) qui va donner à ces enjeux la place majeure et impérative qu’ils méritent dans notre République ». Plusieurs ONG se sont félicitées, elles aussi, du vote de la commission des lois. « Cette décision permettra à l’environnement, au climat et à la biodiversité de peser davantage dans la balance qu’opère le juge constitutionnel entre les différents principes inscrits dans la Constitution, tels que la liberté d’entreprendre ou le droit de propriété », a réagi le WWF dans un communiqué de presse.

Seuls quelques élus LR se sont opposés à cette mesure. Des députés de gauche auraient souhaité, pour leur part, aller plus loin. L’ex-ministre de l’écologie Delphine Batho (Deux-Sèvres, non-inscrite) a estimé que le verbe « assure » aurait été préférable à « agit », au motif que le premier aurait une portée juridique plus forte.

Elle a plaidé aussi pour que soit inscrit dans l’article 1 le principe de « non-régression », comme le suggère la formulation préconisée par Nicolas Hulot. Jeudi 21 juin, le n3 du gouvernement avait détaillé sur France Info le texte qu’il espérait voir rédigé à l’article premier, qui démarrait par ces mots : « La République assure un niveau de protection élevé de l’environnement et en constante progression. »

« Cette constitutionnalisation du principe de non-régression n’apparaît pas dans l’amendement voté mercredi », observe le juriste Laurent Neyret. Son ajout aurait pourtant été judicieux puisque ce principe, assez récent dans le droit de l’environnement ne figure pas dans la Charte de l’environnement, promulguée en 2005.

Pour autant, le texte du 27 juin « permet d’avoir confiance dans l’ambition du gouvernement d’inscrire le devoir de protection de l’environnement à l’article 1 de la Constitution, estime le professeur de droit à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, même si les détails de la formulation donneront certainement lieu à des ajustements ».

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29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 17:42

Après la mise en liquidation de la SNEM, les riverains et parents d’élèves ont remporté une victoire. Ils demandent désormais à Airbus et Safran de payer la dépollution. D'après Stéphane Mandard le 28 juin 2018 pour Le Monde.

Arrêt après liquidation judiciaire de « l’usine toxique » de Montreuil grâce à la mobilisation des riverains

Après un an de mobilisation pour réclamer sa fermeture, les riverains de l’usine SNEM, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), ont remporté une première victoire. Elle est à l’arrêt depuis que le tribunal de commerce de Versailles a confirmé mercredi 27 juin sa mise en liquidation judiciaire.

Implantée en pleine zone résidentielle, à quelques dizaines de mètres de plusieurs groupes scolaires, cette installation vétuste classée pour la protection de l’environnement (ICPE) suscitait une vive inquiétude depuis qu’un nouveau cas de leucémie (le troisième en quinze ans) avait été identifié chez un enfant, comme Le Monde l’avait révélé dans son édition du lundi 3 juillet 2017. Après l’avoir longtemps appelée « l’ usine verte » en référence à la couleur de la tôle de ses murs, les habitants de ce quartier de l’Est parisien l’avaient rebaptisée « l’usine toxique ».

Pour le compte des groupes aéronautiques Airbus et Safran, la SNEM a pendant des années traité des pièces métalliques d’A380, A350 ou A320 avec des procédés hautement toxiques. Tétrachloroéthylène, acide nitrique, acide sulfurique, acide fluorhydrique… selon les dernières données disponibles sur le Registre des émissions polluantes. La SNEM déclarait produire en 2015 plus de 37 tonnes de « déchets dangereux ».

L’enquête du Monde a montré que les salariés continuaient à manipuler une substance particulièrement nocive : le chrome 6. Classé cancérogène, reprotoxique et mutagène, le règlement Reach en interdit définitivement l’usage dans l’Union européenne depuis septembre 2017 mais Safran et Airbus avaient obtenu une dérogation pour prolonger son utilisation.

« On ne les lâchera pas »

Le collectif des parents d’élèves et des riverains se félicite de la fermeture de la SNEM. Il regrette cependant qu’elle n’ait pas été décidée pour « faire prévaloir le principe de précaution et le respect de l’environnement sur les intérêts industriels et financiers » mais « pour des raisons commerciales : l’abandon de la SNEM par ses donneurs d’ordre [Airbus et Safran] qui ont cessé de lui passer commande ». Un « abandon » que le collectif associe à la divulgation dans Le Monde de pratiques frauduleuses dans le processus de contrôle des pièces traitées par la SNEM (Le Monde du 8 novembre 2017).

Les licenciements de la douzaine de salariés qui travaillaient encore sur place interviendront dans les prochains jours. Les habitants et la mairie de Montreuil demandent leur reclassement ainsi que la dépollution du site. En début d’année, le maire (PC), Patrice Bessac, avait écrit à Airbus et Safran pour les « interpeller » sur la situation de l’usine. « Les deux groupes, en réponse à cette double interpellation, ont adressé une fin de non-recevoir sans assumer leurs responsabilités sociales et environnementales », déplore aujourd’hui l’équipe municipale.

« C’est à Airbus et à Safran de payer les coûts de la dépollution, estime Antoine Peugeot, du collectif des riverains et responsable local de la FCPE. On ne les lâchera pas. » Contactés, les deux groupes aéronautiques n’ont pas souhaité faire de commentaires. Les dirigeants de la SNEM restaient injoignables.

Les élus de Montreuil en appellent « à la responsabilité de l’Etat quant à la dépollution de ce site classé ICPE et donc placé sous sa compétence directe ». Premier effet de « l’affaire SNEM », le conseil municipal a inscrit fin 2017 dans le plan local d’urbanisme l’interdiction définitive d’installation de toute nouvelle ICPE sur le territoire de la commune.

La préfecture de Seine-Saint-Denis précise pour sa part que si les terrains étaient rachetés en vue d’une utilisation autre qu’industrielle, « il appartiendrait à l’aménageur de faire les éventuels travaux de dépollution supplémentaires permettant ce changement d’usage ». Elle précise qu’un diagnostic des sols réalisé par l’exploitant en janvier avait certes mis en évidence une pollution par des solvants chlorés et des métaux mais que le site était « compatible avec son usage actuel ».

La crainte du scénario Wipelec

La préfecture s’est toujours voulue rassurante dans ce dossier. Elle assure que sur la base d’une inspection effectuée le 26 juin, « le site ne présente pas de risque particulier ». Ce n’est pas l’avis des riverains. Une étude commandée par la municipalité a montré un niveau élevé de contamination des sols, notamment au chrome 6 et étendue hors du site. Les habitants du quartier craignent désormais de vivre le même scénario que leurs voisins de Romainville où la société Wipelec a laissé derrière elle un site complètement souillé après la cessation de ses activités en 2003.

Une crainte d’autant plus forte que Wipelec était également spécialisée dans les traitements de surfaces des métaux pour l’industrie aéronautique et avait le même donneur d’ordre, Safran. Les associations de riverains de Romainville ont décompté 23 cancers dont 21 décès depuis 1990. Elles déplorent que les travaux de dépollution n’aient commencé qu’en mai 2017. Et s’inquiètent aujourd’hui qu’ils génèrent un regain de pollution dans le quartier. Des niveaux de trichloroéthylène 140 fois supérieurs aux normes ont été mesurés dans certains logements.

A Montreuil, les parents d’élèves restent mobilisés pour la rentrée. Un nouveau collège doit ouvrir ses portes en septembre. Des études ont relevé la présence de solvants chlorés et de métaux lourds dans les sols. Des travaux de dépollution sont en cours. Le collège se situe à 150 mètres de « l’usine toxique ».

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29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 09:09

Partout dans le monde, des villes et des régions explorent la question des « communs ». Entre contrôle de l’Etat et mécanismes du marché, cette troisième voie, qui propose de repenser la propriété des biens universels, implique une autre approche économique et politique. D’après Catherine Vincent le 21 juin 2018 pour Le Monde. Lire aussi Judith Rochfeld : « La raréfaction des ressources naturelles a obligé à les envisager comme des biens communs » et Les communs, un projet ambigu.

Une barricade mobile de lettres sur la ZAD (JJ)

Une barricade mobile de lettres sur la ZAD (JJ)

La vie reprendrait-elle son cours normal à Notre-Dame-des-Landes ? Fermée depuis six ans, la D 281, ou « route des chicanes », a été officiellement rouverte à la circulation le 14 juin. Dix jours plus tôt, quinze conventions d’occupation précaire avaient été signées en préfecture des Pays de la Loire, qui permettront à diverses exploitations (élevage, maraîchage, culture céréalière, pépinière, apiculture) de faire leurs preuves.

Mais les habitants de la ZAD, ex- « zone à défendre », espèrent plus qu’une simple acceptation de leurs projets personnels. Ils souhaitent créer des synergies, un écosystème. Et ils ne sont pas les seuls. Depuis l’abandon par le gouvernement du projet d’aéroport, en janvier, de nombreuses voix, et non des moindres, se sont élevées pour défendre les revendications des zadistes. Car leur projet collectif a relancé avec force la question des utopies concrètes, et avec elle la notion des communs. Les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ont mis en lumière la question de la propriété de ces biens universels qu’il nous faut partager et préserver. L’eau, la forêt, mais aussi un savoir, un logiciel ou une centrale électrique : quelle gouvernance imaginer pour ces ressources ?

Débats citoyens

« Dans les interactions entre habitants historiques, paysans, squatteurs, voisins (…) s’est construit un territoire commun, au-delà de la propriété, des habitudes et des appartenances », constate ainsi un collectif d’intellectuels, parmi lesquels la philosophe Isabelle Stengers et l’anthropologue au Collège de France Philippe Descola (Mediapart, 6 avril). Une démarche « collective, construite comme un “commun”, au sein de laquelle les individualités trouvent leur propre énergie », appuient l’ingénieur des Ponts et Chaussées Olivier Frérot et le géographe Luc Gwiazdzinski (Libération, 20 avril).

« Pourquoi ne pas reconnaître aux ­zadistes un droit à l’expérimentation ? Ils pourraient ainsi promouvoir une autre approche de la propriété qui est celle des “commons”, c’est-à-dire un dispositif fondé sur un collectif identifié et porteur d’un territoire », insiste l’économiste Bernard Paranque (Le Monde, 18 mai).

La question des communs ne s’invite pas seulement dans le bocage nantais. Une Université du bien commun a été lancée à Paris en octobre 2017, dont le premier cycle de conférences et de débats citoyens a rencontré un franc succès. « Nous pensons que ce succès est lié, non seulement à la qualité des intervenants, mais également au fait que nous essayons d’articuler l’analyse et la recherche avec des pratiques de terrain et des initiatives en cours sur les biens communs (semences, eau, agriculture urbaine, logiciels libres, logement, etc.) », précise Cristina Bertelli, cofondatrice de l’université.

Pour son film Nul homme n’est une île, sorti en avril, le documentariste Dominique Marchais a parcouru l’Italie, l’Autriche et la Suisse, en quête d’initiatives d’entraide et de sauvegarde des territoires allant à contre-courant des modèles économiques dominants. Et il ne se passe pas un mois sans que sorte un nouvel ouvrage consacré à l’économie ou à la gouvernance des biens communs. Ces derniers font donc un retour en force dans le monde des idées. Mais de quoi parle-t-on précisément ?

Ressources partagées

« Un bien commun, c’est un bien universel auquel tout le monde a droit, mais c’est un bien fragile, qui peut disparaître si on s’en sert mal », éclaire Gaël Giraud, chef économiste de l’Agence française de développement (AFD). Il prend l’exemple d’un étang, et d’une tribu qui vit là de la pêche : « Si quelqu’un vient braconner la nuit et attrape tous les poissons, il n’y en aura plus, mais vous ne pouvez pas mettre un gendarme derrière chaque arbre. La consommation des produits de l’étang est donc rivale (comme les biens privés), mais leur accès ne peut pas être limité (comme les biens publics). » Pour le dire autrement : un commun est une ressource partagée, gérée et maintenue collectivement par une communauté, dans le but de pérenniser cette ressource tout en permettant à tous de l’utiliser.

Ces ressources peuvent être naturelles (une forêt, un cours d’eau), matérielles (un jardin partagé, un habitat, une centrale électrique) ou immatérielles (un savoir, un logiciel). Les considérer comme biens communs (d’une ville, d’un pays, de l’humanité) suppose essentiellement deux choses : sur le plan économique, privilégier la valeur d’usage plutôt que la valeur d’échange ; sur le plan politique, dépasser la dichotomie entre l’Etat et le marché. Une voie désormais explorée par un nombre croissant de villes et de régions dans le monde, car considérée comme une alternative prometteuse aux deux modèles concurrents généralement mis en œuvre pour la gestion des ressources ou des services : le contrôle par l’Etat d’une part, les mécanismes de marché de l’autre.

Dans la ville médiévale de Gand (Belgique), les ruines de la très ancienne abbaye Saint-Bavon sont ainsi devenues un lieu culturel florissant sous l’impulsion d’une initiative citoyenne. Dirk Holemans, à la tête du conseil municipal qui a accompagné ce projet, est convaincu de l’intérêt de cette troisième voie.

Dans un article publié en novembre 2016 dans le Green European Journal, il propose de visualiser un triangle dont chacune des trois pointes correspond à une société extrême : une société totalement orientée vers le marché (en bas à droite), une société contrôlée à 100 % par l’Etat (en bas à gauche) ou une société exclusivement gérée par des citoyens autonomes (en haut). « L’axe horizontal “gauche-droite” est typique des sociétés industrielles modernes, mais il faut tenir compte de cette ligne qui va jusqu’au sommet du triangle et qui dépeint la société actuelle, postindustrielle, qui encourage d’autres formes de participation à la vie sociale, estime-t-il. Là réside, en plein, le domaine des biens communs. »

Renaissance d’un concept

D’autres exemples ? En Allemagne, des coopératives citoyennes d’énergie renouvelable (REScoops) commencent dès les années 1990, grâce à un cadre juridique adéquat, à transformer le système énergétique à l’échelle nationale. A Bruxelles, les potagers collectifs sont encouragés dans le cadre d’une stratégie politique de long terme du Service public régional, baptisée « Good Food ».

En Italie, Bologne fut la première ville à adopter, en 2014, un règlement des communs, principe qui s’est depuis lors diffusé à plusieurs dizaines de municipalités. En Europe comme ailleurs dans le monde, on pourrait à foison multiplier les exemples d’expériences qui témoignent de la renaissance de ce concept, inventé en un temps très ancien, où la notion de propriété était bien différente d’aujourd’hui.

Car les communs ont une longue histoire, qui se joue en trois actes. Les deux derniers sont récents et théoriques ; le premier est politique, et commence au Moyen Age.

Dans les contrées rurales occidentales, les « communaux » représentaient alors les terrains – landes, forêts, garrigues, prés – gérés en commun. Les paysans usaient sur eux d’un droit coutumier d’usage, y coupant du bois, récoltant du miel ou faisant paître leurs bêtes sans avoir à payer de contrepartie.

Cette organisation traditionnelle commença d’être mise à mal à la fin du XVIe siècle dans certaines régions de l’Angleterre, du fait du commerce de la laine alors en pleine expansion. De riches propriétaires fonciers se mirent à clôturer certains communaux pour y faire paître leurs troupeaux de moutons, entraînant un très fort appauvrissement de la population rurale. Ce « mouvement des enclosures », entériné aux siècles suivants par les Enclosure Acts, marqua la fin des droits d’usage. Il se répandit par la suite dans la plupart des pays européens, transformant peu à peu l’agriculture de subsistance en une agriculture capitaliste.

Le deuxième acte se situe en 1968, et tient tout entier dans un article publié par le biologiste et écologue américain Garrett Hardin (1915-2003), dans la revue Science, sous le titre « The Tragedy of the Commons ». Dans ce texte célèbre, récemment traduit en français dans son intégralité (La Tragédie des communs, PUF, 94 p., 8 €), Hardin soutient que les enclosures furent une solution rationnelle aux problèmes d’épuisement des ressources et de rejets d’effluents dans la nature.

Manipulation factuelle

Selon lui, les communs constituent un « panier alimentaire » où chacun, se servant librement, participerait à son épuisement. De même, la nature devient une « fosse d’aisances », chacun pouvant sans limite y rejeter ses déchets. Seule solution, à ses yeux, pour empêcher cette tragédie des communs : l’instauration de droits de propriété empêchant le libre accès et le libre usage, qu’elle soit le fait du marché (propriété privée) ou de l’Etat (propriété publique).

« Pour Hardin, les rapports sociaux instaurés par la privatisation n’ont pas besoin d’être justes s’ils sont efficaces : la préservation de la nature peut s’accommoder d’inégalités touchant certaines parties de la population », précise Michel Renault, enseignant-chercheur à la faculté des sciences économiques de l’université Rennes-I. Dans un article publié en mars 2017 dans la revue Projet, il estime toutefois qu’il y a, en filigrane de cette grille de lecture, une forme de manipulation factuelle.

« Car l’histoire des enclosures n’est pas celle-là : c’est bien le mouvement de privatisation des terres qui a repoussé les plus pauvres sur les pâtures communes, conduisant à leur surexploitation. Loin d’être une solution, la privatisation serait en fait une cause de ces tragédies », affirme-t-il. L’article d’Hardin n’en devint pas moins une référence pour les économistes comme pour les écologistes, contribuant à justifier la gestion directe, soit par le marché, soit par les Etats, des éléments naturels que sont l’eau, la mer ou la forêt. Jusqu’à ce que survienne le troisième acte : la reconnaissance des travaux d’Elinor Ostrom (1933-2012), Prix Nobel d’économie 2009, sur la gouvernance des biens communs.

« Propriété-habitation »

Peu convaincue par la thèse de la tragédie, cette économiste et politiste américaine reprend la question sur la base d’observations empiriques (gestion collective des réseaux d’irrigation en Californie du Sud, de la forêt au Népal, de la pêche en Indonésie). Contrairement aux prédicats d’Hardin, elle montre que ces ressources communes peuvent être gérées de façon durable par des communautés locales. Dans un ouvrage majeur écrit en 1990, La Gouvernance des biens communs (de Boeck, 2010), Elinor Ostrom détaille les principes qui doivent être respectés pour y parvenir. Peu critiqués à ce jour, ses travaux continuent d’irriguer la réflexion de ceux, de plus en plus nombreux, qui défendent le développement d’une économie des communs.

Au cœur de ce modèle figure une notion-clé, celle de propriété. « Si le capitalisme peut être défini comme étant l’appropriation privée des moyens de production, on comprend que l’alternative à celui-ci ait spontanément été définie comme l’appropriation collective des moyens de production. Or ce terme d’“appropriation” porte en lui une ambiguïté profonde », précise l’essayiste Benoît Borrits (Au-delà de la propriété. Pour une économie des communs, La Découverte, 248 p., 19 €). La propriété, en effet, est excluante par nature – y compris lorsqu’elle est collective, comme dans le régime des coopératives. C’est cette conception issue du droit romain, selon laquelle le propriétaire a un pouvoir complet sur la chose dont il est le maître (plena in re potestas), que l’économie des communs propose de remettre en question.

Comment ? En réinvestissement le collectif et le partage. En proposant comme horizon politique la primauté du droit d’usage sur celui des propriétaires. En accordant, comme le suggère la juriste Sarah Vanuxem dans son récent ouvrage La Propriété de la terre ­ (Wildproject, 150 p., 15 €), des droits à certains lieux d’accueil – forêt, lac ou pâturage. Pour cette spécialiste de l’environnement à l’université Nice-Sophia-Antipolis, cela permettrait de sortir, à l’intérieur même de notre droit, de la conception occidentale moderne de la propriété (le pouvoir souverain d’un individu sur les choses), et de faire émerger la notion de « Propriété-habitation » : il s’agit de regarder les choses comme des demeures, des milieux, plutôt que comme des objets, et dès lors de signifier avec cette notion qu’on peut occuper ce milieu, y avoir une place privilégiée sans exclure un usage et une gestion partagés avec d’autres habitants.

Une gouvernance complexe

Quelle gouvernance imaginer pour ces communs ? Quelle articulation instaurer entre les citoyens, la puissance publique et le secteur privé ? Tout dépendra du bien considéré, et de l’urgence à le préserver. Pour Gaël Giraud, de l’AFD, l’une des priorités doit aller à l’eau et aux services qui lui sont associés, tant cette ressource, vitale et rare, est susceptible de faire l’objet d’une surexploitation.

Fort des travaux de recherche menés par l’AFD dans divers pays (Jordanie, République démocratique du Congo, Bolivie), il rappelait en mars, à l’occasion du Forum mondial de l’eau qui se tenait au Brésil, que des communautés d’usagers se sont structurées en de multiples lieux pour mettre en place des règles communes de gestion et de partage de l’eau. « Cela ne veut pas dire que l’Etat ou le secteur privé n’aient aucun rôle à jouer, bien au contraire, précisait-il. L’Etat crée le cadre juridique propice à l’émergence des communautés d’usagers et doit rester le premier garant du droit d’accès de tous à l’eau potable et à l’assainissement. Le secteur privé peut contribuer de son côté, notamment dans l’aménagement des infrastructures. »

En somme, les communs, qu’ils soient matériels ou immatériels, ne sont pas la solution miracle à la gestion des ressources ou des services. Ils supposent une gouvernance complexe, un collectif identifié autour d’une ressource, un ensemble de droits et d’obligations, une articulation avec l’Etat et les acteurs du marché. Mais ces laboratoires de démocratie locale, fortement teintée d’écologie politique, ouvrent une perspective politique. Leur culture reste à bâtir.

A lire

Dictionnaire des biens communs, sous la direction de Marie Cornu-Volatron, Fabienne Orsi et Judith Rochfeld (PUF, 2017).
Que sont les « communs », les « biens communs », les « patrimoines communs », les « choses communes » ? Quel changement social supposent-ils ? Comment modifient-ils le rôle de l’Etat et de la propriété ? Un précieux outil de compréhension, à mi-chemin entre lexique et encyclopédie.

Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, de Pierre Dardot et Christian Laval (La Découverte, 2015).
Respectivement philosophe et sociologue, les auteurs montrent comment le principe du « commun » réunit la lutte anticapitaliste et l’écologie politique, et désigne de nouvelles formes d’expression de la démocratie.

Commonwealth, de Michael Hardt et Antonio Negri (Folio essais, 2014).
Troisième ouvrage issu de la collaboration entre le politiste américain et le philosophe italien, ce livre poursuit la critique du triumvirat république-modernité-capital, en affirmant la nécessité d’instituer et de gérer un monde de richesses partagées.

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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 09:23

Commissaire indépendante auprès de l’OMS sur les maladies non transmissibles, Katie Dain estime que l’objectif de réduire d’un tiers la mortalité d’ici 2030 ne sera pas atteint avec les moyens alloués actuellement. Propos recueillis par Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante du Monde le 21 juin 2018. Lire aussi Les états généraux de l’alimentation déçoivent les paysans et les écologistes et Nous mangeons trop de produits ultra-transformés.

L’urbanisation mondiale a favorisé un mauvais équilibre alimentaire, facteur d’augmentation des maladies non transmissibles. YUYA SHINO / REUTERS

L’urbanisation mondiale a favorisé un mauvais équilibre alimentaire, facteur d’augmentation des maladies non transmissibles. YUYA SHINO / REUTERS

Katie Dain est directrice générale de l’Alliance contre les maladies non transmissibles ou chroniques (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires et respiratoires…) et membre de la Commission indépendante de haut niveau sur les maladies non transmissibles (MNT) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Alors que l’ONU doit tenir une conférence en septembre sur ce sujet, elle dénonce l’apathie des gouvernements.

Trois ans après l’adoption des objectifs de développement durable sur les maladies non transmissibles, quel premier bilan tirez-vous ?

Ce n’est pas très positif. L’objectif était de réduire d’un tiers la mortalité d’ici à 2030. Mais selon l’OMS, la tendance actuelle nous amène à une réduction d’uniquement 17 %. Si nous continuons ainsi, nous n’atteindrons pas notre objectif. Et il en va de même pour beaucoup d’objectifs spécifiques liés aux MNT, comme la prévalence des maladies causées par le tabagisme ou par l’alcool. Les progrès ont été beaucoup trop lents. Les engagements ambitieux qui ont été pris en 2015 ne se sont pas traduits en action au niveau national. C’est particulièrement vrai pour les pays en voie de développement.

Comment expliquez-vous ce manque de volonté politique ?

D’abord par le fait que les MNT ne sont pas seulement un problème de santé publique. Il touche tous les secteurs du gouvernement : l’agriculture, l’environnement, les transports… Il faut une vraie volonté de l’exécutif pour faire bouger les lignes. Par ailleurs, les pays en développement ne savent pas par où commencer car le champ des MNT est si vaste qu’un sentiment de paralysie domine. Donc l’OMS encourage les pays à prioriser leurs actions.

Enfin, les financements et ressources manquent. Au niveau international, moins de 3 % de l’aide au développement pour la santé [22 milliards de dollars, soit 19 milliards d’euros] vont aux maladies non transmissibles, alors qu’elles représentent la première cause de mortalité. L’industrie agroalimentaire représente le dernier obstacle : elle propose des produits au détriment de la santé mais finance aussi des études scientifiques [pour prouver le contraire]. Cette interférence pollue le débat sur la nocivité de ces aliments et bloque des actions efficaces, comme la taxation des boissons sucrées.

Quel est le coût humain et financier de ces MNT ?

A l’échelle mondiale, les maladies non transmissibles ont dépassé les maladies infectieuses. Elles provoquent 40 millions de morts par an, soit les deux tiers de la mortalité mondiale. C’est donc un changement radical en termes épidémiologiques.
En termes de coût économique, nous savons que sur une période de deux décennies, les MNT vont coûter 40 000 milliards de dollars. Pourtant, pour chaque dollar investi dans la lutte contre les MNT, le bénéfice retour est de 7 dollars. Mais les gouvernements considèrent cet investissement comme un fardeau pour leur système de santé publique. Ils ne voient pas encore les bénéfices sur le long terme.

L’Afrique et l’Asie connaissent une explosion du nombre de MNT. Pourquoi ?

Cela est dû à une véritable escalade de l’urbanisation. Depuis 2011, il y a plus d’urbains que de ruraux dans le monde. Le mode de vie a évolué en conséquence : les gens sont physiquement moins actifs. Ils restent longtemps assis à leur bureau et vont ensuite au McDonald’s parce que c’est beaucoup moins cher que d’acheter des aliments sains. C’est aussi un phénomène de la mondialisation avec de grands groupes alimentaires, des fabricants de tabac, ou des producteurs d’alcool, qui s’installent dans ces régions car le marché est en pleine croissance et la population vulnérable. Ce sont eux qui alimentent cette épidémie de MNT.

Pourquoi accorde-t-on encore la priorité aux maladies infectieuses dans ces régions ?

Dans de nombreux pays en développement, le système de santé repose encore sur la lutte contre les maladies infectieuses. Cela tient à la façon dont le financement de la santé mondiale a été organisé au cours des dernières décennies. Il y a eu des investissements fantastiques dans la lutte contre le VIH, le paludisme, mais cela a créé une sorte de système de santé en silo. L’accent est mis sur des infections aiguës telles que le sida, la tuberculose et le paludisme, mais pas sur les maladies chroniques comme le diabète ou le cancer.

Quel rôle le secteur privé peut-il jouer pour pallier le service public ?

Dans l’amélioration du bien-être au travail, dans la production d’aliments plus sains ou encore l’élimination des acides gras trans. Le secteur privé peut aussi interdire la publicité pour le tabac, l’alcool ou la malbouffe et jouer un rôle important dans l’accès aux soins de santé, aux médicaments essentiels, etc.

Mais le secteur privé ne peut pas supplanter le service public. Il ne devrait d’ailleurs jamais avoir l’oreille des politiques. C’est un gros problème en ce qui concerne les MNT. Par exemple, dans certaines régions d’Afrique, c’est l’industrie des liquoreux qui est à l’origine du développement des plans nationaux de prévention contre l’alcool. Ce n’est pas acceptable !

Les grandes marques financent pourtant des événements sportifs comme la Coupe du monde…

L’industrie de l’alcool adopte de plus en plus certaines tactiques des fabricants de tabac en se positionnant comme des partenaires légitimes dans le développement durable, la santé, et la promotion d’événements sportifs. Cela montre à quel point ces produits sont devenus des biens de consommation courante. C’est complètement normalisé et absurde du point de vue des maladies non transmissibles. Nous plaidons pour une interdiction de la publicité par des marques d’alcool lors des événements sportifs.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 09:08

En 2024, Paris accueillera les Jeux olympiques d’été. Les auteurs de cette tribune s’indignent des mensonges de la communication officielle autour de cet événement, qui tait notamment le déni de démocratie à l’œuvre et l’intention, au-delà des Jeux, d’accélérer l’urbanisation et la métropolisation de l’Île-de-France. Une tribune de Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris, conseiller de Paris ; Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile-de-France ; Danielle Simonnet, conseillère du 20e arrondissement, conseillère de Paris ; Frédéric Viale, membre du collectif Non aux JO 2024. Lire aussi Primes, gestion opaque et coup de force : le «off» de Paris 2024.

Le parc Georges-Valbon

Le parc Georges-Valbon

Le Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) se présente désormais comme le bon élève de la classe : dépassements budgétaires, promesses inconsidérées, projets aventureux, tout cela est oublié. Désormais, le COJO se veut vertueux. Il vient de trancher dans le vif et de décider, en accord avec le Comité international olympique (CIO), ce qui sera fait ou pas pour les JO de 2024, et ce dans le cadre d’une enveloppe qui, jure-t-il, ne sera pas dépassée.

Hélas, nous sommes loin du compte. Le meilleur moyen de ne pas dépasser un budget consiste pour le COJO à ne pas inclure certaines dépenses pourtant nécessaires : celles relatives à la sécurité sont toujours très fortement sous-évaluées, comme celles relatives à l’accélération du métro automatique Grand Paris Express. Comment peut-on parler de « sobriété » alors que les dépenses publiques programmées atteignent déjà un milliard et demi d’euros ?

L’organisation des JO souffre d’une tare originelle qui est le déni de démocratie : alors que nul ne pouvait croire que la candidature sur papier glacé était crédible, aucun débat sérieux n’a eu lieu, aucune concertation digne de ce nom et le référendum que nous demandions a été refusé. Ce déni se poursuit : la pseudo concertation qui a lieu en Seine-Saint-Denis n’est qu’une façade, et d’ailleurs, le COJO a pris ses décisions le jour où une séance de concertation était prévue, démontrant le peu de cas qu’il fait de ce type d’exercice purement formel. On apprend au passage que le parc Georges-Valbon, poumon vert de Seine-Saint-Denis, sera amputé de l’Aire des vents, bétonnée pour y installer le Village des médias alors que le rapport de la commission d’évaluation du CIO de juillet 2017 indiquait que cela n’était pas nécessaire !

Un décret déclare « opération d’intérêt national » toute opération liée aux JO 

Le COJO persiste à parler de « Jeux inclusifs », d’« héritage » et de « transparence ». Quelle inclusion, quelle transparence alors que la loi Olympique récemment votée suspend les règles d’urbanisme relatives aux expropriations mais aussi aux accrochages des panneaux publicitaires sur les monuments historiques. En complément, un décret déclare « opération d’intérêt national » toute opération liée aux JO, ce qui achève d’écarter les élus et les populations locales des décisions d’aménagement les concernant. Pire : l’argent des Offices publics de HLM est mobilisé pour la construction du Village olympique et du Village médias (art. 12 de la Loi). Alors que le mal-logement est criant, cet usage de l’argent destiné au logement social ne peut susciter que l’indignation.

La promesse de l’héritage a été la carotte destinée à faire accepter le projet. En attendant, les dotations destinées à la pratique du sport baissent, le département ayant voté une amputation de moitié des subventions aux clubs sportifs pour dégager cinq millions d’euros destinés aux « Grands partenaires du sport », les sponsors. La région francilienne a diminué de 9 % la dotation destinée au sport scolaire. Les JO constituent en réalité un obstacle à la pratique du sport.

Le Champ-de-Mars va être occupé plus de 4 ans (51 mois) par une infrastructure dite « éphémère » alors que le Grand Palais fait des travaux de rénovation destinés à ce qu’il reçoive les Jeux olympiques en 2024. Cet espace vert, situé en zone particulièrement protégée sur le plan patrimonial et fréquenté par 21 millions de personnes, qu’elles soient riveraines ou touristes, sera dès lors en grande partie inaccessible au public, et particulièrement les 14 juillet, jour de la Fête nationale où des centaines de milliers de Franciliens viennent voir le feu d’artifice. Cet espace fragile a déjà subi des dégradations importantes lors de l’implantation de la « fan zone » de l’Euro 2016, qui n’ont à ce jour pas toutes été réparées.

Un prétexte pour artificialiser à grande échelle des espaces naturels d’Île-de-France 

Par ailleurs, le beau discours écologique tenu par la Ville de Paris fait long feu quand on connaît certains détails : il est question que des remblais des travaux de la ligne 17 Nord, Saint-Denis - Le Bourget, soient déversés sur les très fertiles terres agricoles du triangle de Gonesse, stérilisant celles-ci de manière irréversible. Il est clair que les JO 2024 sont un prétexte pour artificialiser à grande échelle des espaces naturels d’Île-de-France, comme l’illustre le sort réservé au parc Georges-Valbon et au triangle de Gonesse.

La réalité est que l’opération JO est mise au service d’un projet plus vaste, celui d’une métropolisation de Paris : l’idée est de profiter des JO pour faire de Paris et de l’Île-de-France une vaste métropole « connectée » organisée en « pôles d’excellence ». La nomination de l’architecte Roland Castro confirme cette vision à courte-vue et de peu d’intérêt d’un aménagement du territoire en zones spécialisées, où les problèmes de l’accès au logement ne sont traités que par l’éloignement des populations les plus modestes, par la gentrification des zones centrales et où le renchérissement du foncier est porté par une spéculation sans fin. En somme, les JO sont l’occasion d’une fuite en avant dictée par une logique libérale qui voit s’intensifier des zones urbaines alors que des portions entières du territoire français se désertifient.

Il est temps que la question des JO devienne une question politique et ne soit plus traitée à grand renfort d’artifice de communication.

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 09:08

A Bure, une vague de perquisitions sans précédent de militant·e·s anti-Cigéo fabrique une « nouvelle affaire Tarnac ». Dénonçant une opération d’intimidation contre les opposant·e·s au projet d’enfouissement nucléaire, des intellectuel·le·s affirment leur solidarité avec les militant·e·s antinucléaires : « Si les chouettes et les hiboux de Bure devaient constituer une association de malfaiteurs, nous en ferions partie. » Plus de cent cinquante intellectuel·le·s, auteur·e·s, chercheur·e·s, artistes, éditeur·rice·s, journalistes, avocat·e·s, scientifiques, élu·e·s, ami·e·s,... ont signé cette tribune publiée le 25 juin 2018 sur Reporterre. Pour signer cette tribune...      Lire aussi « Enfouir les déchets nucléaires est la pire des solutions »,     Déchets nucléaires : l’État doit cesser de mentir et À Bure, la fabrique du consentement pour le projet contesté d’enfouissement de déchets radioactifs.

Manifestation anti-Cigéo à Bar-le-Duc, 16 juin 2018 © JL

Manifestation anti-Cigéo à Bar-le-Duc, 16 juin 2018 © JL

Les opposant·e·s au projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure ont récemment fait l’objet d’une vague de perquisitions et d’arrestations sans précédent. Dans le cadre d’une enquête ouverte l’an dernier, une commission rogatoire permet désormais de procéder à des perquisitions, auditions, interpellations de toute personne ayant été en relation, même ponctuelle, avec les opposant·e·s au projet. La tentative pour isoler et transformer ainsi une lutte collective en « association de malfaiteurs » dit bien la volonté de l’État de réduire au silence la résistance contre un projet industriel qu’il cherche à imposer par tous les moyens possibles, alors même que subsistent un grand nombre de risques et d’incertitudes. Pour cela, un juge d’instruction n’a pas hésité la semaine dernière à perquisitionner et mettre en garde à vue un des avocats qui défend les opposant·e·s. Bien que celui-ci ait été relâché - pour l’instant sans charges -, on peut s’inquiéter du procédé qui consiste à priver des militant·e·s de leur défense au moment même où plusieurs d’entre eux·elles faisaient l’objet d’une garde à vue.

Nous, intellectuel·le·s, auteur·e·s, chercheur·e·s, artistes, éditeur·rice·s, journalistes, avocat·e·s, scientifiques, élu·e·s, ami·e·s, n’acceptons pas ces méthodes. Nous exigeons l’abandon des poursuites contre les opposant·e·s et la fin des opérations d’intimidation. Nous appelons à organiser et/ou rejoindre les rassemblements du mercredi 27 juin à 19h appelés par les associations de lutte partout en France et ailleurs.

Pour faire corps ensemble face à la répression de l’État, une large solidarité est plus que jamais nécessaire. Si les chouettes et les hiboux de Bure devaient constituer une association de malfaiteurs, nous en ferions partie.

Contact : buretribune@riseup.net

 

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 09:02

L’étude Pregnancy exposure to atmospheric pollution and meteorological conditions and placental DNA methylation parue le 21 juin associe l’exposition in utero aux polluants à des modifications épigénétiques pouvant présenter un risque pour la mère et l’enfant. D’après Stéphane Mandard pour Le Monde le 22 juin 2018.

L’exposition des femmes enceintes à la pollution de l’air - un risque de modifications épigénétiques pour la mère et l’enfant

La littérature scientifique regorge d’études démontrant les effets délétères de la pollution de l’air sur le développement du fœtus et de l’enfant. On sait désormais qu’une exposition aux particules fines pendant la grossesse augmente le risque de donner naissance à des bébés de petits poids, et plusieurs travaux suggèrent qu’elle pourrait aussi être à l’origine d’un fonctionnement dégradé des poumons ou de troubles neuro-développementaux.

L’étude publiée jeudi 21 juin dans la revue Environment international apporte une première réponse sur les mécanismes expliquant ces effets. Ils pourraient passer par une altération du placenta. « Nous nous sommes intéressés au placenta car c’est un tissu très important lors de la grossesse. C’est lui qui est responsable de la bonne santé de la maman et du développement du fœtus », explique au Monde Johanna Lepeule, auteure principale de l’étude et épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Ces résultats inédits ont été obtenus par une équipe de chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’université Grenoble-Alpes regroupés au sein de l’institut pour l’avancée des biosciences. Ils se fondent sur une cohorte de 668 mères (et de leurs enfants) recrutées entre 2003 et 2006 à Nancy et Poitiers.

L’équipe s’est intéressée aux effets du dioxyde d’azote (NO2), ce gaz très toxique majoritairement émis par le trafic automobile et en particulier par les motorisations diesel. Les chercheurs ont constaté que les mères les plus exposées au NO2 pendant leur grossesse présentaient des modifications épigénétiques au niveau du placenta. A savoir des modifications des mécanismes qui régulent l’expression des gènes.

« Accentuer la lutte »

Pour comprendre ce qu’est l’épigénétique, Johanna Lepeule recourt à une métaphore musicale : « Le code génétique, c’est la partition. L’épigénétique, c’est quand elle est jouée par l’orchestre avec les instruments. Il n’y a qu’une partition mais, à chaque fois, l’interprétation est différente. »

A la différence des travaux précédents sur les polluants atmosphériques, qui se concentraient sur des gènes particuliers, l’originalité de l’étude réside dans le fait qu’elle se base sur l’analyse de données épigénétiques à grande échelle : plus de 400 000 localisations épigénétiques. Cela a permis aux chercheurs d’associer l’exposition au NO2 à des modifications épigénétiques au niveau de cinq gènes, en particulier sur le gène ADORA2B.

« Des défauts dans l’expression de ce gène ont été associés dans d’autres études à la pré-éclampsie, une maladie de la grossesse fréquente et grave si elle n’est pas prise en charge », commente Johanna Lepeule. La pré-éclampsie est une pathologie qui se caractérise par une hypertension artérielle et s’accompagne d’une élévation de la présence de protéines dans les urines. Elle est responsable d’un tiers des naissances des grands prématurés.

« Cette étude est une première étape, juge la chercheuse. Il en faudra désormais d’autres pour confirmer notre hypothèse et associer ces modifications épigénétiques avec d’autres effets sanitaires pour la mère et l’enfant », explique Mme Lepeule.

Ces résultats sont d’autant plus inquiétants que toutes les mères de la cohorte étaient soumises à des concentrations de dioxyde d’azote inférieures aux limites annuelles fixées par la réglementation européenne et recommandées par l’Organisation mondiale de la santé, à savoir 40 µg/m³. Faut-il dès lors durcir ces limites ? « C’est aux politiques et aux citoyens de se saisir de la question de la réglementation, répond Johanna Lepeule. En tant que chercheuse, ce que je peux recommander, c’est d’accentuer la lutte contre la pollution atmosphérique. »

 

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 17:45

Si vous lisez régulièrement notre blog écologiste vous ne pouvez être indifférent.e aux initiatives qui émergent partout en France pour développer les énergies renouvelables. Aux Lilas et sur le territoire d' Est Ensemble, une association a vu le jour en juin 2016 : Électrons solaires 93. Lire aussi En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe... qui vous invitait à rejoindre le collectif pour l’énergie citoyenne local, Électrons solaires 93 – Pour une coopérative citoyenne d’énergie renouvelable, qui travaille sur Le Pré Saint-Gervais, Les Lilas, Bagnolet… sur http://electrons-solaires93.org/Cooperative.html !
 

Un coup de pouce Vert pour les Electrons solaires !

L'objectif d’Électrons solaires 93 est de créer une structure de production d'énergie solaire photovoltaïque sur des toits publics et privés, en faisant appel à l'épargne citoyenne et aux collectivités territoriales. Mardi prochain 26 juin, une nouvelle étape va être franchie avec la création de la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) Électrons solaires. De nombreux militant.e.s EELV se sont engagés dans cette démarche concrète et vous appellent à rejoindre cette nouvelle coopérative.

Il est fait appel à l’épargne citoyenne dans un cadre large, d’abord auprès des habitants du territoire, mais aussi auprès de toutes celles et ceux qui souhaitent faire aboutir ce type de projet pour la transition énergétique. Il s’agit de démontrer que les projets innovants sont possibles avec la participation des citoyens.ne.s et peuvent avoir valeur d’exemple à l’échelle d’un territoire, d’une région… Cette démarche se situe en complémentarité de tous nos combats politiques à l’échelle des institutions parlementaires comme des collectivités territoriales. Ces dernières sont aujourd’hui bien activées pour le projet, mais il faudra démontrer que la part citoyenne n’est pas un vain mot.

Appel de l'association Électrons solaires 93

Le Conseil d’administration du 10 avril a validé les statuts de la future Société Coopérative Électrons Solaires dont l’assemblée générale constitutive se tiendra le 26 juin 2018, accueil à 19h, Halle de l'Avenir, boulevard Jean Jaurès, aux Lilas. Dans la foulée, nous avons demandé aux mairies de prendre une participation dans la coopérative et nous avons déjà des réponses positives. La coopérative rassemblera donc bien des citoyen.ne.s et quelques collectivités locales.

C’est pourquoi nous espérons un coup de pouce de votre part dans cette démarche ! Les parts de la société sont à 100 € et nous espérons vivement vous compter parmi les premiers souscripteurs.

Le montant total de l’investissement à atteindre est de l’ordre de 500 000 € qui se partagera entre l'apport des citoyens et un emprunt auprès des banques. Pour l'apport citoyen, il faudra rassembler 100 000€ de parts sociales, soit 1000 parts à 100€. Cet apport initial permettra à la coopérative d'être crédible vis à vis des banques et de leur emprunter les 400 000 euros restants.
Les collectivités locales prendront, nous l’espérons, quelques dizaines de parts chacune, 25 parts (2500 €), peut-être 50 (5000 €)...

Il reste donc à trouver quelques 900 parts citoyennes. S'il semble difficile de rassembler 900 personnes physiques à court terme, nous espérons que certain.e.s prendront 2, 10, 50 parts (*) !

Si vous vous interrogez sur :
--  la rémunération des parts sociales : nous visons à ce qu'elle puisse atteindre au moins le niveau du livret A, 0,75 %/an mais nous ne pouvons pas assurer que la coopérative fasse des bénéfices.
-- les conditions de remboursement des parts : elles sont liées à l’équilibre financier de la coopérative et sont précisées dans les statuts (article 19).

En espérant avoir de vos nouvelles très bientôt, la petite équipe qui travaille depuis des mois sur ce projet compte sur vous.
A bientôt et merci de votre contribution.

Électrons solaires 93.


Pour lire les statuts de la société coopérative d'intérêt collectif (SCIC-SAS) : http://www.electrons-solaires93.org/docs/statuts_SCIC-SAS_ES93_avril2018.pdf
Bulletin de souscription :
www.electrons-solaires93.org/docs/Engagement de souscription.pdf

Envoyer votre souscription à l’adresse suivante : chez Pierre Stoeber, 80bis rue de Romainville, 93260 Les Lilas, en libellant vos chèques à l’ordre de « Société Coopérative Électrons Solaires ».

(*) Une facilité est offerte : si vous ne pouvez pas engager tout de suite le montant total des parts que vous souhaitez prendre, vous pouvez verser tout de suite la moitié du montant total des partes souscrites et l’autre moitié sera appelée dans un deuxième temps, sur décision du Conseil coopératif, vraisemblablement dans le dernier trimestre 2018.
Exemple : Quand on prend une part de la coopérative de 100 €, on peut ne verser tout de suite que 50 €. Si on prend 2 parts, on peut ne verser que 100€ tout de suite...

 

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 09:08

815 millions de gens ont faim dans le monde, et 60 % d’entre eux vivent en zone de conflit. « A chaque fois que la faim augmente de 1 %, les migrations augmentent de 2 % », prévient David Beasley, directeur du Programme alimentaire mondial de l’ONU. D’après les propos recueillis par Rémy Ourdan le 11 juin 2018 pour Le Monde. Lire aussi Les Etats Généraux des Migrations parrainent la Marche Solidaire, Migrants : dix raisons de les accueillir dignement en Europe et d'ouvrir les frontières, 470 associations lancent les États généraux des migrations pour soutenir les lanceurs d'accueil, Le prochain génocide sera écologique et Dynamiques nouvelles des migrations internationales.

Lors d’une distribution de nourriture du Programme alimentaire mondial, à Thonyor (Soudan du Sud), en février 2017. Siegfried Modola/REUTERS

Lors d’une distribution de nourriture du Programme alimentaire mondial, à Thonyor (Soudan du Sud), en février 2017. Siegfried Modola/REUTERS

Ancien gouverneur de Caroline du Sud, membre du Parti républicain, David Beasley est directeur du Programme alimentaire mondial (PAM), l’agence humanitaire des Nations unies, depuis 2017. Il a visité, depuis, une cinquantaine de pays et arrive d’Afrique de l’Ouest. Il s’est rendu à Paris, vendredi 8 juin, pour rencontrer des membres du ministère des affaires étrangères, des représentants de l’Agence française de développement et des députés.

Quel est aujourd’hui votre regard sur la question de la faim dans le monde ?

Le nombre de personnes qui ont faim a diminué durant des décennies : il est passé de 1 milliard il y a vingt-cinq ans à 777 millions en 2016, alors que la population mondiale augmente. C’est la bonne nouvelle. De même, l’état de pauvreté et de faim aiguës est passé de 90 % il y a deux cents ans à environ 10 % aujourd’hui.

Mais pour la première fois depuis fort longtemps, la faim et la malnutrition augmentent de nouveau : on est passé de 777 à 815 millions de personnes en un an. Et les cas de famines aiguës, dues aux conflits et aux migrations forcées, croissent aussi : de 80 à 124 millions de personnes en un an. Pourquoi ? Le changement climatique mis à part, la réponse principale est que les famines sont la responsabilité de l’homme, elles sont dues aux guerres provoquées par les humains.

Parmi les 815 millions de gens qui ont faim, 60 % vivent en zone de conflit, et si plus personne n’avait faim en Chine et en Inde, ce serait 90 %. D’ailleurs, 80 % des budgets du Programme alimentaire mondial sont alloués aux zones de guerre. Plus de 50 % de l’aide humanitaire globale en 2017 a été consacrée à quatre pays : Syrie, Irak, Yémen, Soudan du Sud. Ces pays en guerre captent tout l’argent au détriment de régions du monde qui ont aussi cruellement besoin d’aide humanitaire, comme les pays du Sahel.

Donc, pour atteindre l’objectif fixé par la communauté internationale Faim Zéro 2030 [les Nations unies annoncent vouloir d’ici cette date éliminer la faim et assurer la sécurité alimentaire dans le monde], il faudrait mettre fin aux guerres. Or si je pense que l’on pourrait en finir avec les famines et la malnutrition dues à la pauvreté et au sous-développement d’ici à 2030, je ne crois pas que nous mettrons un terme aux guerres. Je dis donc aux dirigeants de la planète que je rencontre : soit vous arrêtez les guerres, soit il faut nous donner davantage d’argent pour combattre les famines, mais aussi pour changer d’approche, pour soutenir le développement.

Au-delà des quatre conflits évoqués, quelle est la situation en Afrique actuellement ?

Le Sahel et ses alentours sont la région la plus touchée par la faim en dehors de ces quatre conflits. Ce que je crains aujourd’hui [après la perte de ses territoires en Syrie et en Irak], c’est que l’organisation Etat islamique [EI] utilise le Sahel pour infiltrer des vagues de migration. L’EI part de Syrie vers le Sahel, via des réseaux liés à Boko Haram ou à Al-Qaida. Ces groupes terroristes ont une approche stratégique de cette région. Ils utilisent la faim comme outil de recrutement, particulièrement dans les zones de conflit et celles touchées par les changements climatiques, et dans les pays pauvres. Leur rêve est de déclencher encore davantage de vagues de migration vers l’Europe afin de les infiltrer.

Les gens privés de nourriture sont vulnérables. A chaque fois que la faim augmente de 1 %, les migrations augmentent de 2 %. La réponse de la communauté internationale doit bien sûr être sécuritaire, mais elle doit aussi être dans le développement durable. On ne peut pas se contenter d’apporter de la nourriture. Quand on le peut, au lieu d’en distribuer, on arrive avec de l’argent et on tente de relancer la production de vivres. On rencontre les meuniers, puis les paysans, qui embauchent des travailleurs, et ainsi de suite. Puis c’est cette nourriture que l’on donne aux plus pauvres, à ceux qui ont faim. La fierté et l’espoir reviennent quand les gens racontent, avec le sourire, que leurs enfants n’ont plus besoin de migrer.

Les Européens doivent comprendre qu’il faut investir dans le développement, que les Syriens ou les Africains ne veulent pas quitter leurs maisons ! Les Européens doivent comprendre que ces migrants préféreraient ne pas venir en Europe et rester chez eux, dans leurs pays.

Est-ce le message que vous êtes venu délivrer à Paris ?

Je suis venu parler du Sahel aux dirigeants français. Quand on assure une meilleure sécurité alimentaire, le recrutement par les extrémistes diminue et les migrations aussi. De la France, j’attends de la coopération en Afrique davantage que de l’argent. La France a une expérience historique au Sahel et on a besoin d’elle pour la nutrition, l’éducation, le développement du secteur privé. La France doit envoyer des instituteurs et des professeurs dans le Sahel. C’est une zone francophone.

Vous avez ardemment soutenu la campagne de Donald Trump et vous êtes proche de son administration, qui n’est pas une grande supportrice de l’ONU et du multilatéralisme. Votre proximité avec le président américain vous aide-t-elle à obtenir soutien et crédits ?

Donald Trump est un businessman. Quand il voit les faits, il prend les bonnes décisions. Le président a annoncé lui-même une augmentation de l’aide alimentaire l’an dernier. Donc oui, j’utilise mes relations pour éviter que les Etats-Unis ne réduisent les crédits accordés au PAM. Et on travaille dur pour rendre l’ONU plus efficace. Je crois qu’il y a un nouvel état d’esprit au sein des Nations unies, pour davantage d’efficacité.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté en mai une résolution mettant en évidence le lien entre la faim et les conflits. Est-ce une prise de conscience ?

Les dirigeants du monde commencent à comprendre que sans sécurité alimentaire, les conséquences seront très graves. Cette résolution met le problème sur la table de manière permanente. Aucun problème ne sera résolu sans sécurité alimentaire.

La faim est actuellement la pire crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale. L’humanité doit se réveiller ! Des millions d’êtres humains meurent ! Quand un enfant souffre, c’est toute l’humanité qui souffre.

Et si on ne réagit pas, la Syrie n’aura été qu’un problème presque « mineur » par rapport à la catastrophe qui s’annonce en Afrique. Un cataclysme, une « tempête parfaite » [perfect storm] arrive et ses conséquences vont être encore plus terribles que les conséquences du conflit syrien. Les dirigeants du monde doivent s’entendre pour mettre fin à des guerres telles qu’en Syrie ou au Yémen et investir dans le développement en Afrique. Sinon, les extrémistes auront la formule parfaite pour déclencher de nouveaux conflits et de nouvelles migrations.

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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 13:25

Vous est-il arrivé de tousser, d’avoir les yeux qui piquent ou la gorge irritée lors d'épisodes de forte pollution ? Si oui, vous avez eu un aperçu des impacts qu’a la pollution de l'air sur notre santé. Aujourd'hui, dans certaines villes de France, des polluants atmosphériques très nocifs s'invitent jusque sur les terrains de sport et de foot. Respirer un air pur est un droit : nous devons pouvoir courir, jouer, et bouger librement dans nos grandes villes, sans avoir à nous inquiéter de l'impact de la pollution sur notre santé. En signant notre appel, demandez aux responsables des grandes villes de France d'agir contre la pollution de l'air ! Par Greenpeace le 11 juin 2018. Lire aussi Paris, encore loin des villes européennes modèles pour la pollution de l’air et la mobilité, La pollution de l’air tue 7 millions de personnes dans le monde chaque année et Médecins et associations unissent leurs voix pour rappeler l’urgence d’agir face à la pollution de l’air.

 
Pollution de l’air : le match du siècle

Football : quand la pollution s’incruste sur le terrain

Lorsqu’on joue au foot, l’adversaire, c’est aussi la pollution de l’air. Nous avons réalisé des mesures aux abords de terrains de sport dans les trois premières villes de France : Paris, Lyon et Marseille. Nous avons constaté des niveaux de concentration de dioxyde d’azote (un polluant très toxique) quasi systématiquement supérieurs à la norme européenne annuelle en vigueur (40 μg/m3).

Dans les lieux où nous faisons du sport, il faudrait au contraire que la pollution de l’air soit la plus basse possible : quand on pratique une activité physique, on risque d’inhaler 4 à 10 fois plus de polluants atmosphériques qu’au repos. C’est particulièrement problématique dans nos grandes villes, très exposées à la pollution atmosphérique.

Pollution de l’air : le match du siècle

Pour autant, pas question de renoncer au sport en ville ! Le sport est une source de plaisir pour beaucoup d’entre nous, et ses bienfaits pour notre santé sont incontestables. C’est contre les causes structurelles de la pollution de l’air qu’il faut lutter.

Agir sur le trafic routier est une priorité : en France, il est responsable de plus de 50% des émissions d’oxydes d’azote. L’omniprésence de la voiture ne tient plus la route. Pour faire face à cette urgence sanitaire, il faut revoir nos modèles de transports et trouver des solutions pour permettre au plus grand nombre de se déplacer sans polluer.

Contre la pollution de l’air, interpellons nos maires

Les impacts de la pollution de l’air sur notre santé sont de plus en plus connus et reconnus : l’Agence européenne pour l’environnement estimait en 2013 qu’en France, ce sont plus de 8000 morts prématurées par an qui sont attribuables à l’exposition au dioxyde d’azote et plus de 45 000 morts prématurées pour l’exposition aux particules fines. Il y a urgence ! Demandons aux élus de nos grandes villes de nous protéger de la pollution de l’air. 

Les responsables politiques des grandes villes et agglomérations, les maires en particulier, ont le pouvoir et le devoir de rendre nos villes plus respirables en les libérant progressivement, mais rapidement, des voitures individuelles, diesel d’abord, puis essence. Ils doivent promouvoir les alternatives : transports en commun et vélo en tête.

Ne nous laissons pas enfumer : mobilisons-nous pour pouvoir profiter de nos villes sans nous mettre en danger ! Ensemble, mettons la pollution de l’air hors-jeu.

Rejoignez le mouvement contre la pollution de l’air.

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Mobilisation citoyenne à la marche pour le climat samedi 8 septembre à Paris

Un coup de pouce Vert pour les Électrons solaires ! 

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas

En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas